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Mardi 18 mars 2008
L’invitation au sommeil

I – L’amoureux éconduit
Toi, ma tendre amie au doux visage d’albâtre,
Aux frêles lèvres de carmin, aux yeux fermés
Sous des paupières de marbre, aux mains gantées d’argent,
A la robe fardée de neige, à la chevelure
Enflammée d’un sang vermeil, offre à ton amant
L’étreinte sépulcrale qu’il désire ardemment.
Que tes serres glaciales déchirent et lacèrent
Mon échine courbée, ce costume d’Arlequin
Aux couleurs insipides.

II – Le poète transis
Toi, ma sombre Morphée, chère pourvoyeuse de songes,
Que l’attente du crépuscule et des ténèbres
Me parait draconien sous cet astre insipide !
Le linceul de l’obscurité tombe. Je t’attends.
Cette morne existence marquée d’un sceau putride,
Où je ne renais que pour m’éteindre et mourir,
S’estompe tandis que tu dévores mon esprit.
Dans ce seul royaume aux milles échos je survis,
En son sein je mourrai.

III – Le condamné anéanti
Toi, ma dame aux cheveux d’ébène, ange déchu,
Porteuse de lumière au crâne immaculé,
Accueille l’humble pèlerin en quête d’abysses.
Ô divin nocher du rêve, convie à ton bord
Ta pâle sœur la Mort.

par Chom publié dans : Ecrits
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Dimanche 26 août 2007
Asthénie

Courbé et avachi, dans la pénombre hostile,
L’Homme se tient là, ses doigts engourdis, sclérosés.
Il a l’œil vide, cherchant sans espoirs à scruter
L’Infini, noire demeure d’un éternel secret.


Et ce piteux pèlerin, qu’il est méprisable
Dans ses gémissements solitaires et puérils :
L’être, abandonné dans sa propre misanthropie,
Se masturbe sur le sang qui coule de ses entailles.


Puis, quand même les rats ont fuit ce mauvais spectacle,
Réalisant que ses pleurs ne s’offrent à personne,
Il met secrètement fin à sa litanie
Dorénavant conscient de son inanité.


S’impose alors en son sein la réalité :
Tel l’acteur que le public ennuyé délaisse
Au beau milieu d’un monologue, interloqué,
Il n’y a plus d’âme à émouvoir ou répugner.


Devant l’inutilité de ses incisions
Et n’ayant plus d’espérance, ce mortel décide
De se couper les yeux, regardant le soleil,
Afin de fuir la vision de sa solitude.

par Chom publié dans : Ecrits
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