L’invitation au sommeil
I – L’amoureux éconduit
Toi, ma tendre amie au doux visage d’albâtre,
Aux frêles lèvres de carmin, aux yeux fermés
Sous des paupières de marbre, aux mains gantées d’argent,
A la robe fardée de neige, à la chevelure
Enflammée d’un sang vermeil, offre à ton amant
L’étreinte sépulcrale qu’il désire ardemment.
Que tes serres glaciales déchirent et lacèrent
Mon échine courbée, ce costume d’Arlequin
Aux couleurs insipides.
II – Le poète transis
Toi, ma sombre Morphée, chère pourvoyeuse de songes,
Que l’attente du crépuscule et des ténèbres
Me parait draconien sous cet astre insipide !
Le linceul de l’obscurité tombe. Je t’attends.
Cette morne existence marquée d’un sceau putride,
Où je ne renais que pour m’éteindre et mourir,
S’estompe tandis que tu dévores mon esprit.
Dans ce seul royaume aux milles échos je survis,
En son sein je mourrai.
III – Le condamné anéanti
Toi, ma dame aux cheveux d’ébène, ange déchu,
Porteuse de lumière au crâne immaculé,
Accueille l’humble pèlerin en quête d’abysses.
Ô divin nocher du rêve, convie à ton bord
Ta pâle sœur la Mort.
je n'ai eu droit qu'à un dessin qui me ressemblait même pas
tu mérites d'être connu et aimé mon petit inconnu pas connu sauf de moi
^Ö^